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Noisetier : quelle variété choisir et comment l'entretenir ?

On trouve plusieurs profils de noisetier bien différents sur Le Mur Végétal : arbuste champêtre pour la haie libre, variétés à gros fruits pour la récolte, feuillages pourpre ou rouge pour le décor, ou grand arbre pour un sujet isolé avec le noisetier de Byzance.. Avant de choisir, encore faut-il savoir ce qui distingue ces différentes silhouettes, comment assurer une bonne pollinisation, et comment entretenir son noisetier au fil des saisons.

Une belle récolte de noisettes fraîches — ©Le Mur Végétal

Noisetiers fructifères, décoratifs, ou arbre isolé : comment choisir ?

Sur Le Mur Végétal, le noisetier se décline en trois grands profils. Les variétés fructifères (Nottingham, Webb's Prize Cob, Longue d'Espagne, Merveille de Bollwiller) sont sélectionnées avant tout pour la récolte, avec des noisettes de bon à gros calibre. Les variétés décoratives (noisetier commun, noisetier pourpre, Rouge de Zeller) trouvent leur place en haie libre ou champêtre, pour leur feuillage autant que pour leurs fruits. Le noisetier de Byzance enfin est à part : c'est un grand arbre, le plus souvent planté en sujet isolé pour son architecture, mais il s'intègre aussi très bien en haie libre ou champêtre au même titre que les autres noisetiers.

 

À gauche : grappe de noisettes fraîches, profil fructifère — à droite : feuillage pourpre, profil décoratif — ©Le Mur Végétal

Pollinisation : pourquoi planter plusieurs noisetiers

Le noisetier porte sur le même pied des fleurs mâles et des fleurs femelles, mais s'autoféconde très mal. Planté seul, il fleurit sans donner de fruits, ou très peu. La floraison a lieu tôt dans la saison, de janvier à mars selon les régions et les variétés : les fleurs mâles se reconnaissent aux longs chatons jaune pâle, pendants et souples, qui libèrent un pollen abondant porté par le vent ; les fleurs femelles, presque invisibles, se limitent à de minuscules touffes de filaments rouges à l'extrémité des bourgeons.


 

À gauche : chatons mâles, longs et pendants — à droite : fleur femelle, minuscules filaments rouges à l'extrémité d'un bourgeon — ©Le Mur Végétal »


Pour obtenir une vraie récolte, il faut associer au moins deux variétés dont les périodes de floraison se chevauchent. C'est tout l'intérêt de notre lot de 3 noisetiers Pourpre, Nottingham et Merveille de Bollwiller : trois floraisons échelonnées qui augmentent nettement les chances de pollinisation, sans qu'il soit nécessaire que chaque variété soit le pollinisateur « officiel » d'une autre au sens variétal strict — le chevauchement de floraison suffit à faire le travail. Autre point de vigilance : cette floraison très précoce, en plein cœur de l'hiver, expose les fleurs femelles aux gelées tardives, qui peuvent réduire la fructification d'une année sur l'autre. C'est une contrainte à connaître, mais rarement un motif d'inquiétude sur la durée : un noisetier bien installé fructifie malgré tout la plupart des saisons.

Plantation et formation les premières années

Le noisetier se plante de préférence à l'automne ou en sortie d'hiver, hors période de gel, pour favoriser une bonne reprise racinaire avant les chaleurs. Les jeunes sujets s'installent facilement : il suffit d'ameublir la terre sur une largeur généreuse, d'apporter un peu de compost bien décomposé au fond du trou, et d'arroser copieusement à la plantation.

Conduit en buisson, la forme la plus courante et la plus naturelle, le noisetier se forme en laissant se développer plusieurs tiges depuis la base : c'est un arbuste multicaule par nature. Il n'est pas nécessaire d'intervenir beaucoup les deux ou trois premières années, si ce n'est pour retirer les rejets et drageons les plus chétifs, qui affaibliraient la structure sans jamais devenir productifs. Le noisetier entre en pleine production assez tardivement, entre 8 et 12 ans, mais donne généralement ses premiers fruits dès la 4e ou 5e année.

Taille et entretien au fil des saisons

La taille hivernale

La taille de fructification s'effectue en fin d'hiver ou tout début de printemps, sur outils désinfectés, en coupant toujours en biseau pour éviter que l'eau ne stagne sur la plaie de coupe. Pour un noisetier conduit en buisson, l'objectif est de conserver entre 4 et 8 tiges principales, bien réparties et aérées : supprimez le bois mort et les branches qui se croisent ou se frottent, éliminez les rejets et drageons trop faibles qui pompent de l'énergie sans produire, et retirez progressivement les plus vieilles tiges devenues peu productives pour laisser la place à du bois plus jeune et vigoureux.

Entretien complémentaire

Arrosage

Une fois bien installé, le noisetier est peu exigeant en eau : un arrosage réservé aux étés très secs et aux jeunes sujets en formation suffit largement. Un paillage au pied limite l'évaporation et l'enherbement, tout en se décomposant en humus utile aux racines superficielles.

Fertilisation

Un apport de compost ou de fumier bien décomposé à l'automne, en périphérie de la zone racinaire, favorise la fructification sans excès de vigueur végétative. Évitez les apports trop riches en azote, qui favorisent le feuillage au détriment des fruits.

Gelées tardives

Comme la floraison a lieu en plein hiver, les fleurs femelles restent exposées à un coup de froid tardif qui peut réduire la récolte de l'année. C'est une contrainte propre au noisetier, à connaître sans qu'elle remette en cause la plantation.

Maladies et ravageurs du noisetier

Le noisetier reste globalement rustique et peu sujet aux maladies, mais quelques ravageurs méritent une surveillance. Le balanin des noisettes est le plus caractéristique : cet insecte perce en été les jeunes noisettes encore vertes pour y pondre ses œufs ; la larve se développe en consommant la chair du fruit, qui tombe avant maturité, puis perce la coque vide pour s'enfouir dans le sol jusqu'à l'année suivante. On limite ses dégâts en détruisant les fruits atteints tombés au sol, en griffant la terre au pied de l'arbre en automne et en hiver pour exposer les larves au froid, et en posant une bande de glu sur le tronc au printemps pour empêcher les adultes de remonter.

Le noisetier peut aussi être touché par la bactériose, qui provoque des dégâts sur les rameaux, par la gléosporiose, responsable d'un dessèchement des bourgeons, par le phytopte, un acarien qui détruit les bourgeons, ou par le grand puceron du noisetier, qui colonise pousses et bourgeons. Aucun de ces problèmes n'est en général suffisamment sévère pour compromettre durablement un noisetier bien conduit ; une surveillance de printemps et d'été, associée aux bons gestes de taille, suffit la plupart du temps.

Récolte et conservation

La récolte s'échelonne de fin août à début octobre selon les variétés, la maturité intervenant lorsque le fruit se détache naturellement de sa cupule. Le plus simple est de laisser les noisettes tomber au sol et de les ramasser régulièrement, quitte à secouer légèrement les branches pour accélérer la chute des fruits mûrs. Après récolte, étalez les noisettes dans un endroit bien aéré et sec pour les faire sécher avant de les stocker : c'est cette étape qui conditionne leur bonne conservation dans la durée.

Noisettes à différents stades de maturité, avant décorticage — ©Le Mur Végétal

Nos variétés de noisetiers

Merveille de Bollwiller

La référence gros calibre : amande de gros calibre, chair ferme et parfumée, sous une coque épaisse. Vigoureuse et rustique, elle résiste bien au froid et supporte les hivers rigoureux. Maturité tardive, fin octobre.

Longue d'Espagne

Gros fruit allongé, à l'amande sucrée bien remplie. Moins vigoureuse que la Merveille de Bollwiller mais tout aussi productive. Se récolte après la mi-septembre.

Nottingham

Fruits allongés de taille moyenne, réunis en petites grappes de 3 à 7 noisettes, sous une coque fine. Variété rustique et de végétation importante. Se récolte dès début septembre.

Webb's Prize Cob

Autre variété productive à fruits groupés, jusqu'à 4 par grappe, de calibre moyen à gros. Maturité mi-septembre, entre le Nottingham et les variétés les plus tardives.

Noisetier commun (Corylus avellana)

C'est le noisetier des haies champêtres : arbuste touffu à bois souple, à plusieurs troncs fins, écorce marron et feuillage caduc denté. Rustique et peu exigeant, il convient parfaitement à une haie libre mêlée.

Noisetier pourpre (Corylus maxima 'Purpurea')

Choisi avant tout pour son feuillage pourpre spectaculaire au printemps, il n'en reste pas moins un vrai fructifère : il produit un fruit assez gros et allongé, à l'amande blanche. Une valeur sûre pour une haie qui allie décor et gourmandise, adaptée à tous les sols, y compris calcaires.


Silhouette et feuillage pourpre d'un noisetier ornemental type Corylus maxima 'Purpurea' — ©Le Mur Végétal

Rouge de Zeller

Son feuillage pourpre au printemps vire au vert-bronze en été, et ses fruits prennent une teinte rougeâtre à maturité. Une alternative au noisetier pourpre pour varier les silhouettes dans une haie décorative.

Noisetier de Byzance (Corylus colurna)

C'est un véritable arbre, pouvant atteindre 15 m de haut pour 7 m d'étalement, au port pyramidal bien dessiné. Son écorce liégeuse et crevassée, très décorative en hiver, et son feuillage qui vire au jaune d'or à l'automne en font un excellent sujet isolé, y compris en situation urbaine, mais il trouve aussi sa place en haie libre ou champêtre. Il tolère bien les sols secs et calcaires. En contrepartie, ses noisettes sont petites et à coque dure : on le choisit avant tout pour son architecture, pas pour la récolte.


 

À gauche : port pyramidal du noisetier de Byzance en été — à droite : son feuillage jaune d'or à l'automne — ©Le Mur Végétal

Conditions de culture

Le noisetier apprécie un sol aéré et léger, avec un pH idéalement compris entre 6,5 et 6,8 (il tolère de 6,2 à 7,8). Ses racines se développent surtout entre 40 et 55 cm de profondeur, jusqu'à l'aplomb du feuillage. Il se plante au soleil ou à mi-ombre. Plusieurs de nos variétés, comme le Nottingham, le Webb's Prize Cob ou le noisetier de Byzance, s'accommodent particulièrement bien des sols calcaires.

Questions fréquentes sur le noisetier

Faut-il plusieurs noisetiers pour avoir des fruits ?

C'est fortement recommandé. Le noisetier s'autoféconde mal : associer deux ou trois variétés à floraisons qui se chevauchent améliore nettement la fructification, comme dans notre lot de 3 noisetiers.

Quand tailler un noisetier ?

La taille de fructification se pratique en fin d'hiver ou tout début de printemps, avant le redémarrage de la végétation, sur un arbuste dont on cherche à conserver 4 à 8 tiges principales bien réparties.

Combien de temps avant d'avoir ses premières noisettes ?

Les premiers fruits apparaissent généralement dès la 4e ou 5e année après plantation, mais le noisetier n'atteint sa pleine production qu'entre 8 et 12 ans.

Le noisetier pourpre produit-il de vraies noisettes comestibles ?

Oui. Malgré son usage principalement décoratif en haie, le noisetier pourpre (Corylus maxima 'Purpurea') produit un fruit assez gros et allongé, tout à fait comestible et savoureux.

Le noisetier pourpre ou le Rouge de Zeller sont-ils des variétés persistantes ?

Non, malgré leur couleur soutenue toute la belle saison, ce sont des feuillages caducs : les feuilles tombent en automne comme pour le noisetier commun. Leur couleur pourpre ou rougeâtre n'a pas de lien avec la persistance du feuillage.

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